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Bonjour à tous nos fidèles lecteurs, Au moment où ce numéro va être mis en ligne, une promotion entière de jeunes diplômés frais émoulus de l’université se lancera dans sa course au premier emploi. Le moment m’a donc paru bien choisi pour consacrer cette lettre mensuelle aux différentes questions et préoccupations qui me parviennent de ce front. Plusieurs groupes d’étudiants ont été accueillis ces derniers mois au centre d’information de Sun. Je contribue par ailleurs aux forums d’établissement et aux forums étudiants de différentes universités de la région en donnant un avis sur les programmes d’enseignement. Ce qui m’a frappé dernièrement dans ces deux types de forums, c’est l’inquiétude grandissante de toute une génération d’étudiants pourtant issus de certaines des meilleures universités du monde. Certains craignent en effet de ne pas réussir à décrocher le poste de haut niveau qu’ils visaient au début de leurs études. Curieusement, j’entends les mêmes questions de la part des membres de mon équipe et des collaborateurs dont j’accompagne le parcours professionnel au sein de la société. Chacun se demande comment se donner toutes les chances de saisir la prochaine disponibilité ou la prochaine promotion. Il me paraît évident que les années 1990 ont engendré des attentes excessives — et plus ou moins justifiées — dans le secteur des hautes technologies, les étudiants des filières techniques ou informatiques ayant alors le sentiment de pouvoir prétendre à pratiquement n’importe quel poste de leur choix. Cette illusion a fait long feu, et l’effondrement des sociétés Internet au début des années 2000 a bien montré que l’offre de candidats qualifiés dépassait désormais la demande — une surabondance de talents techniques qui a perduré jusqu’à aujourd’hui. D’où la nécessité pour les jeunes diplômés et les professionnels en poste de se différencier fortement sur le marché de l’emploi. Sachez déceler — et exploiter — les évolutions du secteurJe conseille vivement aux futurs informaticiens en cours d’études de s’intéresser de près aux axes d’évolution de notre secteur (cloud computing, virtualisation, etc.) en vue d’anticiper les exigences techniques sous-jacentes. J’ai depuis longtemps la conviction que notre industrie évolue vers une activité de services, ce qui suscitera des besoins dans des domaines échappant aux rôles informatiques traditionnels : sécurité, gestion des fournisseurs, compétences juridiques, gestion de contrats, gestion de programmes, etc. Si vous avez l’occasion de développer ce type de compétences durant vos études, profitez-en ! Lorsque vous commencerez à passer des entretiens de recrutement, sachez que, pour chaque poste, vous serez en concurrence avec des centaines sinon des milliers d’autres candidats. Les responsables recrutement liront bien sûr votre CV pour se faire une première idée, mais ils s’appuieront plus encore sur vos activités hors cursus pour apprécier vos véritables centres d’intérêt. Impliquez-vous par conséquent dans des programmes communautaires ou dans d’autres communautés d’intérêt liées à notre industrie. Devenez un membre actif de ces communautés afin de montrer quels domaines vous intéressent en dehors de vos études. Sachez qu’une moyenne générale de 4,0 obtenue dans bien des universités n’est que la condition minimale pour que votre candidature soit prise en considération. Les recruteurs ont besoin d’être éblouis par vos nombreuses activités hors cursus au service de votre communauté ou dans le cadre d’autres projets. Il en va de même à votre sortie. Même si vous obtenez un diplôme d’une université prestigieuse avec une moyenne de 4.0, les employeurs auront besoin de savoir ce que vous avez fait par ailleurs. Publiez-vous sur le Web, mais avec discernementUn troisième composant sur lequel j’attire souvent l’attention des candidats (encore que les nouvelles générations de jeunes diplômés en soient parfaitement conscientes) est de construire leur présence communautaire en ligne à l’aide d’outils tels que LinkedIn, Facebook, Plaxo et autres. Dans le même temps, rappelez-vous que cette présence en ligne est une arme à double tranchant : évitez tout ce qui pourrait nuire à votre image et à vos intérêts. Si des cabinets de recrutement, des chasseurs de têtes ou des responsables recrutement trouvent votre profil sur le Web, cela peut constituer un avantage déterminant, mais aussi un handicap majeur dans le cas où ce profil ferait état d’éléments rédhibitoires pour les recruteurs. Conclusion : restez prudent et conscient de tout ce que vous publiez sur le Web, mais tirez pleinement parti de ce canal pour votre recherche d’emploi. Tout aussi essentiel sera votre réseau humain — une ressource inestimable en phase de recherche d’emploi.
Tout aussi essentiel sera votre réseau humain — une ressource inestimable en phase de recherche d’emploi. Certes, les informaticiens sont des gens plutôt introvertis, de sorte qu’il n’est pas toujours aisé de jeter des ponts pour construire ce réseau personnel. Songez à mettre à contribution vos amis, vos relations familiales et vos divers contacts au sein du secteur lorsque vous aborderez votre recherche d’emploi. Analyser les flux d’externalisation et de délocalisationTenez-vous enfin bien informé de l’évolution des pratiques d’externalisation et de délocalisation dans le secteur. A l’évidence, si le type de poste qui vous intéresse est largement externalisé en Chine, en Inde ou ailleurs par les grandes sociétés multinationales, le potentiel d’emploi s’en trouvera réduit d’autant. L’étude du paysage industriel vous permettra d’identifier les meilleures opportunités dans votre domaine d’intérêt. Ne vous découragez pas, les postes dont vous rêvez existent bel et bien. Même dans la Silicon Valley, pourtant durement frappée par le chômage, nous voyons encore des candidats décrocher des postes hautement stimulants et passionnants. Peut-être faudra-t-il soutenir l’effort un peu plus longtemps, mais la persévérance n’est-elle pas votre meilleur atout ? Une dernière remarque — d’ordre géographique : quel que soit votre lieu de résidence — par exemple la baie de San Francisco — , ne limitez surtout pas votre périmètre de recherche à cette région. Aujourd'hui, les marchés sont véritablement mondiaux, tout comme les environnements de travail et les économies. Aussi inconfortable que cela puisse paraître, nous devons tous renoncer à nos habitudes pour élargir notre champ de recherche d’emploi jusqu'à des régions plus exotiques. Un bon ami à moi, qui travaillait à Singapour, a ainsi pris sur lui d’apprendre deux langues étrangères — le japonais et le français — afin d’étendre sa recherche au reste du continent asiatique et à l’Europe. Sa maîtrise du français est devenue telle qu’il a décroché un poste à Paris, où il est alors venu emménager avec toute sa famille. Voilà l’exemple même d’un individu capable d’initiatives personnelles pour élargir ses horizons professionnels. Qui sait, peut-être trouverez-vous également votre bonheur à Paris — ou bien à Montréal, San Diego ou Singapour? Pour les informaticiens de demain, les opportunités de travail se présenteront dans le monde entier. Je vous souhaite de bien profiter de cet été, en espérant qu’il répondra à toutes vos attentes. Bob Worrall | ||